“The date is November the 26. A British rock group, called simply Cream, is making his farewell appearance at one of London's greatest concert houses: The Royal Albert Hall.”
Pour ceux qui n'auraient pas encore vu ce concert, il le faut ! Outre d'excellentes versions de leurs morceaux les plus célèbres, il comporte des interviews des trois musiciens, où ils expliquent ce qu'ils font et « donnent des cours » sur leur façon de jouer.
Les Cream ont joué ensemble pendant seulement 2 ans (1966-1968), mais ce fut les 2 ans les plus intenses de toute l'histoire de la musique, je pense. En 2 ans, ils sortirent 3 albums : Fresh Cream (enregistré fin 66, sorti début 67), Disraeli Gears (sorti pour le « Summer of Love ») et Wheels Of Fire (sorti en 68).
Il y a plusieurs façons de faire des éloges à leur sujet : ils avaient de super mélodies avec de super textes et un super son et de super pochettes d'album (Disraeli Gears et Wheels Of Fire, par Martin Sharp), mais ils furent surtout de super musiciens.
Jack Bruce (1943-), chanteur, bassiste, harmoniciste et auteur des textes de Cream. Il joua avec Manfred Mann avant de faire la connaissance de Ginger Baker, avec lequel il jouera dans les différentes formations de Graham Bond jusqu'en 1966. Il s'intéressait à la musique indienne, comme George, et à la musique classique, notamment de Bach.
Ginger Baker (1939-), batteur, considéré comme une légende avec, et même avant Cream. Il fit ses débuts avec les Blues Incorporated d'Alexis Korner, puis joua avec Bruce. Il écrivit plusieurs chansons avec Cream, toutes riches en mélodies. Une preuve de son talent : son solo (« Toad ») lors du Farewell concert, dont je parle plus au-dessus. Je sais que lui, s'intéressait aux rythmes africains. Il jouera plus tard avec Clapton et Steve Winwood (ex Spencer Davis Group et Traffic) dans Blind Faith.
Eric Clapton, the God (1945-), guitariste de génie, il débuta avec les Yardbirds (jusqu'en 1964), puis rejoignit les Bluesbrakers de John Mayall, qui l'incita à chanter, lui, se prenant pour un piètre chanteur, et lui permit de faire ce qu'il aimait : jouer le Blues. Avec Cream, bien qu'il n'ait pas écrit beaucoup de chansons (arrangements de « Crossroads », « Four Until Late » de Robert Johnson ou « Born Under A Bad Sign »d'Albert King), il imposa son propre son à toute une génération d'auditeurs sous acides. Lui-même, ayant beaucoup de problèmes de drogue, il passera à côté de toute une période (Woodstock- 1973, avec la tentative du Raimbow concert, sur une idée de Pete Townshend, encore lui !) C'est bien simple : lorsque l'on entend ce son si caractéristique et ses solos (devrai-je dire « soli » ?) improvisés et parfaits, si entraînants, on le reconnaît immédiatement. Clapton était (et est toujours) réputé pour sa gentillesse hors norme.
Pendant un solo de Clapton, si l'on se plonge totalement dans sa musique, même si on est parfaitement clean, on a carrément l'impression d'être en immersion dans le contexte de l'époque ; et puis ces distorsions et prolongations du son, enfin je sais pas comment ça s'appelle, te portent vraiment à un niveau au-dessus, comme s'il te transmettait toute son énergie, toutes ses pensées. Bon j'arrête là, ça suffit !
Le talent des Cream était tel que lors de l'annonce d'un groupe réunissant ces trois géants, les gens n'y croyaient pas et pensaient qu'il s'agissait d'une blague !
Quelques morceaux où l'on atteint le « maximum psychédélique », selon moi, lors des soli de Clapton :
“Sweet Wine”, “Steppin'Out”, “ I Feel Free”, “Politician” (live), “Strange Brew”, “World Of Pain”, et plein d'autres, étant donné que la période de Cream était la période psychédélique.
« Their matter was simple: forget the message, forget the lyrics and just PLAY ».